Actualités, livres
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UN HOMMAGE A ARTO PAASILINNA
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"Ex-novillero sans avenir, ancien patron de boîte de nuit domicilié dans le Jura, Absentès perd son temps à écrire de mauvais polars pour une association en perte de vitesse. Persuadé que son collègue Launay a découvert la poule aux œufs d’or lors d’un voyage en Laponie, il se lance à la recherche du fameux magot des Renards pendus. Une quête tantôt pitoyable, tantôt poétique, qui va l'amener à mettre ses pas dans ceux d'un grand écrivain (Arto Paasilinna), à découvrir un livre mythique (Le Kalevala) et à perdre la tête au cœur d'une Finlande peuplée de trolls, nimbée d’aurores boréales et suréquipée en très nouvelles technologies.
Mario Morisi - 56 ans et une vingtaine d’ouvrages - rend ici hommage au célèbre Arto Paasilinna et nous fait traverser son œuvre non sans mettre en scène les hétéronymes sous lesquels il signe ses propres romans policiers, articles de presse, feuilletons et essais philosophiques. Le Poisson d’Absentès - roman à triple tranchant - est un road-movie burlesque, une odyssée initiatique et - pourquoi pas ? - un antidote à l'effet de serre et aux ravages de la pensée unique. "
Vous voulez en savoir plus ? Faites un tour dans la rubrique "Livres" en haut à gauche du site. Un extrait du Poisson vous attend.
Pour tout renseignement : 03 84 69 13 13 et 06 78 50 78 76
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Auteur : Morisi |
Le 20-05-2007 10:23
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La critique du Centre du Livre...
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 À lire Mario Morisi, écrire que Baggio fut un joueur de football est aussi éclairant que de dire que Picasso dessinait ou que Faulkner pratiquait l'écriture. Visiblement, la presse italienne et les tifosi ont vu dans son touché de cuir la marque d'une divinité, une fenêtre ouverte sur la perfection où je ne sais quelle épiphanie dans un monde de brutes. Quelques écrivains du monde entier ont déplié leurs métaphores hagiographiques comme des banderoles de supporters. Au bout du compte, les pieds du démiurge Baggio pensent ou, autrement dit (plus esthète), les anges chantent par ses pieds. Mais le jugement le plus drôle est sans doute celui de Roberto Benigni : Je ne comprends rien au football mais Baggio est si fort qu'il peut remporter la coupe Davis, le prix Strega, Liège-Bastogne-Liège et même, s'il fait un effort, la Palme d'Or au Festival de Cannes.
Mario Morisi, l'écrivain de Sampans, a mis en vacances un de ses hétéronymes les plus productifs de ces dernières années, Mario Absentès, auteur d'une série de romans noirs (Mort à la mère, J'aurai ta peau Saxo, Castor Paradiso...) pour se mettre en chasse, en son nom, du mythe italien. Mais l'auteur a le goût de la mise en abyme et du roman labyrinthique. Le Monde selon Baggio n'est donc pas un livre sur Baggio ni sur le mythe Baggio mais un roman autobiographique fracturé, une sorte de regard sur soi jeté un soir de cuite à travers les fragments d'un miroir... Le héros est un certain Ramon Bulgari, fils spirituel d'un penseur iconoclaste, auteur entre autres d'un Tuer, voler, désobéir ou Pousser les bébés au suicide : dernier recours de la liberté d'opinion. Venu en Italie pour participer à un colloque sur son père, un échange malencontreux de sacoche le met en possession, en lieu et place des écrits du philosophe Bulgari, d'une somme de notes autour d'un footballeur dont il n'a jamais entendu parler : Roberto Baggio. Ces documents appartiennent à un certain... Mario Absentès, originaire de Besançon et dont la biobibliographie est celle que nous connaissons.
Le roman va prendre tous les détours que suggèrent les troubles de la personnalité de son auteur, confronté à plusieurs de ses hétéronymes, pour se métamorphoser en une autofiction en forme de pieuvre. La pieuvre justement, qui n'est pas loin dès qu'il s'agit de l'Italie, de football et d'argent, jettera son noir sur cette histoire pour en faire un livre de la désillusion aux accents Audiardiens. Si Baggio plane du début à la fin sur ses pages, Morisi va mettre en scène une vaste embrouille et pléthore de seconds rôles pris au jeu des rivalités footballistiques et financières. Mais le plus saisissant dans cette histoire, mis à part la dingomania qui habite la botte dès qu'il s'agit de Baggio, reste l'étonnant portrait de l'écrivain en vieux mâle bouffé par mille maux, doté d'une libido en service minimum et d'un avenir proportionnel à la taille de son appendice sexuel...
En complétant la pensée de Nietzsche ou de Deleuze par une phrase d'humeur de Franck Zappa, en donnant à un footballeur la capacité d'éclairer le monde sans renoncer aux acquis de la psychanalyse, Morisi tente une philosophie vraiment à l'image de l'homme : rafistolée, bancale et prête à se dédire pour un coup de sang. Dommage que la somme des pages qui déifient, certes avec beaucoup d'humour, la star du ballon rond, provoqueront chez certaines une overdose ; que l'on se perde parfois dans les zigzags narratifs que trace la conduite jubilatoire de Morisi. Il est sûr que quelques actions auraient mérité un jeu plus direct.
Le livre inclut aussi une pièce de théâtre, Orfeo baggio, créé à l'Opéra théâtre de Besançon en 2004. Autre attaque en biais du mythe Baggio. Un jour d'émeutes ou de fin du monde, dans un commissariat, un dénommé Robert qui prétend être Baggio et un émigré arabe sont retenus par deux flics. To be baggio or not to be sera l'une des questions clés du drame...
Mario Morisi
L'embarcadère éditions
adresse : 8, rue des Bohémies -- 95590 Nointel
Site Internet : www.lembarcadere.net
308 p. 18 €
I.S.B.N. : 2-914728-22-0
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Auteur : Morisi |
Le 23-06-2006 14:36
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Cette ITV est dans "So Foot"...
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Vous pouvez retrouver l'itv ci-dessous sur Sofoot.com, le site du magazine destiné aux amoureux du foot "ma non solo".
Looking for Baggio
L’écrivain Italo-Franc-comtois Mario Morisi vit avec l’obsession de Roberto Baggio depuis presque dix ans. Il s’en libère aujourd’hui avec son roman "Le monde selon Baggio", 300 pages dédiées au prophète du beau jeu. Entretien.
Comment est née l'idée d'écrire un livre sur Roberto Baggio ?
C'est un ensemble de raisons. Avant tout, il faut que je précise que je suis fils d'italien immigré en France, et que j'ai grandi dans l'adoration du sport italien, le calcio, le vélo et la boxe. J'ai aussi beaucoup voyagé en Italie, si bien que j'ai entendu parler de Baggio alors qu'il n'était qu'un espoir prometteur, au milieu des années 80. Ensuite, nos trajectoires ont commencé à se croiser sérieusement en 1990 : au moment où il a marqué son fameux but contre le Tchécoslovaquie en Coupe du Monde, ma fille est née. A partir de 1996, j'ai accumulé toutes les informations que je trouvais sur lui, puis petit à petit a germé dans mon esprit l'idée de lui consacrer un tryptique : une pièce de théâtre, un roman, et une biographie.
Qu'est-ce qui vous séduit chez Baggio ?
D'abord, il faut parler de son jeu. Au niveau esthétique, il arrivait à faire des choses qu'on n'avait pas vues ailleurs, son toucher de balle, notamment, était fabuleux. On aurait dit qu'il se contentait d'effleurer le ballon, là où les autres se sentent obligés de mettre des frappes de mule. Pour quelqu'un comme moi qui a toujours aimé les numéros 10, les Puskas, Piantoni, Rivera ou Platini, c'était un régal. Et puis il y a sa personnalité : Baggio, c'est quelqu'un de très timide, presque recroquevillé sur lui-même, qui pleurait seul le soir dans sa chambre jusqu'à un âge avancé, qui était la tête de turc de ses camarades à l'école, et qui finalement se retrouve dans le fauteuil du sauveur de l'Italie entière pendant une décennie.
Baggio, c'est aussi un destin peu ordinaire, non ? Il a joué dans les plus grands clubs, mais sans marquer leur histoire. Il a très peu gagné, aussi...
Pour bien comprendre Baggio, je pense qu'il faut insister sur le fait que finalement, son histoire, c'est celle de celui qui n'aurait jamais dû se trouver là. Physiquement, il était frêle, il n'aurait pas dû percer au haut niveau, surtout avec ses six opérations au genou. En vrai, il ne s'est pas passé un jour de sa carrière sans qu'il souffre... Du coup, son destin est un peu politique, ce qui ajoute à ma fascination pour lui : c'est le faible qui réussit à s'inviter à la table des puissants. Le vilain petit canard. Durant toute sa carrière, Baggio a toujours dû s'entraîner à part de ses coéquipiers en raison de ses blessures. Il a aussi été en conflit avec tous ses entraîneurs : Sacchi, Lippi... Et enfin, il a toujours été en concurrence avec d'autres joueurs : Zola, Del Piero... Pour finalement devenir une idole. Sans parler du choix d'être boudhiste alors qu'il avait été enfant de chœur dans sa jeunesse, et le tout au pays du Vatican. Et puis ce destin s'est retrouvé décuplé en raison de sa nationalité italienne. On est quasiment dans le mystique, il n'y a qu'en Argentine ou au Brésil qu'on pourrait voir une telle folie autour d'un joueur. En France, on fait jouer Giresse et Platini, Djorkaeff et Zidane. S'il avait été français, on lui aurait trouvé une place. Là, il a dû vivre dans la polémique toute sa carrière.
Peut-on dire de son pénalty manqué en finale de la World Cup 94 qu'il est un tournant de sa carrière ?
On peut aller plus loin, et quasiment résumer sa carrière à une histoire de pénaltys. Lorsqu'il était enfant, Baggio écoutait la radio et jouait à se retrouver en finale de la Coupe du Monde, contre le Brésil, avec le tir au but définitif dans ses pieds. Il tirait entre les deux portes du salon, et marquait à tous les coups... Dans sa carrière, il a marqué le premier but de sa carrière sur pénalty. A la Juve, il s'est attiré les foudres du club pour avoir refusé de tirer un pénalty contre son ancien club, la Fiorentina. Son 300e but était aussi un pénalty. Pour en revenir à la finale de la Coupe du Monde 94, Baggio a raconté qu'après cet épisode, il s'était réveillé toutes les nuits en sueur et en sursaut pendant quatre ans, jour après jour. Avant cela, il n'avait jamais tiré un pénalty au-dessus de la barre transversale, pas même à l'entraînement. Ses coéquipiers racontent aussi qu'en 98, quand il prend le ballon pour aller tirer le pénalty contre le Chili, ils n'ont jamais vu un type aussi livide... Les pénaltys et Baggio, c'est faire jouer à un poète le rôle du tueur de service, forcément qu'il y a du drame dans l'air.
Quelle est aujourd'hui la place de Baggio dans l'histoire du football ? Et sa descendance ?
Je suis persuadé qu'en talent pur, Baggio n'était pas loin d'un Maradona, d'un Pelé, d'un Cruyff ou d'un Platini. Après, il faut bien se rendre à l'évidence qu'il a été souvent blessé, qu'il n'a pratiquement rien gagné et qu'il a été incapable de se muer en leader. Je dirais qu'il est à l'étage en dessous, avec les génies anormaux ou perdants, les Best et les Garrincha. Pour ce qui concerne sa descendance, en Italie, je ne vois pas, à part Del Piero, qui joue au même poste, qui a déclenché les mêmes polémiques, qui vient de la même région, qui a eu des blessures aussi, et qui a été involontairement la cause de son départ à la Juve. Les deux joueurs s'aiment d'ailleurs beaucoup. Mais Del Piero est un type trop obéissant et bon élève, il n'a jamais osé s'élever contre ses entraîneurs ou ses présidents. Sinon, toujours en Italie, le plus doué est Cassano, mais c'est sans doute aussi le plus bête... Au niveau mondial, on peut parler de Zidane, mais regardez la carrure de Zidane et celle de Baggio : on est dans une autre ère. En fait, Baggio restera comme le symbole d'une époque charnière : après l'ère Platini et Maradona, où la technique primait sur le physique, et avant celle de Zidane et Ronaldinho, qui exige d'être un athlète.
Vous avez rencontré Baggio. Qu'en est-il de son caractère et de sa personnalité ?
C'est quelqu'un de discret, d'un peu inaccessible mais aussi de simple. Sa maison n'est pas ostentatoire. Quand on est allé le voir à Caldogno, il était en train de regarder les oiseaux dans le ciel, c'est quelque chose qu'il fait souvent, il est capable de rester dix heures d'affilée dans l'eau à regarder les oiseaux voler... C'est aussi un mec qui va manger des pizzas avec les vieux dans les villages, qui joue au ballon avec les enfants dans la rue... Il n'aime pas trop qu'on parle de lui, d'ailleurs personne ne sait ce qu'il fait depuis qu'il a arrêté sa carrière. Politiquement enfin, il s'en est toujours méfié comme de la peste, mais il a une sensibilité plutôt de gauche, disons écologiste.
Le reverra-ton un jour ?
Ça m'étonnerait qu'il prenne en main la squadra azzura, qu'il devienne dirigeant ou coach d'un grand club. En revanche, je le vois bien prendre l'équipe de Vicenza en série B, et essayer de la faire jouer selon ses principes esthétiques. C'est peut-être un peu utopique, mais ce serait beau.
Propos recueillis par Stéphane Regy
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Samedi 10 juin : Chez Camponovo, Mario + Vautrot !
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 Samedi 10 juin, Mario Morisi aura le grand honneur de partager une séance de dédicace avec le fils le plus célèbre de Besançon avec Victor Hugo : Michel Vautrot, qui présentera son livre d'interviews "Mi-Temps", ouvrage qui met noir sur blanc six années de rencontres mise en onde par Radio France Besançon.
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Morisi répond au Convivio (version bilingue italien, français)
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 Nous publions aujourd'hui cette longue interview de Mario Morisi par Andrea Perlongo, poète et principal moteur du site de poésie internationale il Convivio (Palerme)
Mario Morisi, journaliste et écrivain français d'origine italienne, est en train de sillonner le pays de son père en long et en large pour recueillir les interviews de tout ceux qui ont été les témoins de vingt ans de carrière de l'un des plus grands Italiens de ce siècle de football tricolore : Roberto Baggio. Il achève sur le champion de Vicenza un roman et "Orfeo Baggio"', un spectacle théâtral. A présent, après s'être confié aux journalistes de la Gazzetta dello Sport, il passe l'épreuve des "travaux en cours".
Mario Morisi, giornalista-scrittore francese di origini italiane, in questo periodo sta girando in lungo e in largo il paese del padre per raccogliere interviste di tutti coloro che siano stati testimoni dei vent'anni di carriera di uno dei più grandi giocatori italiani di questo secolo di calcio tricolore : Roberto Baggio. Sul campione vicentino Mario sta terminando un romanzo e "Orfeo Baggio", una piece teatrale. Ora, dopo essersi concesso ai taccuini della "Gazzetta dello Sport", passa per le righe di "lavori in corso" …
Durant cette tournée italienne tu as rencontré les meilleurs représentants du journalisme sportif italien. Des anecdotes ?
— Un jeudi matin, lors de ma deuxième journée bolognaise, Zazzaroni m'a téléphoné pour me dire que j'avais choisi le mauvais endroit, le Bar Zamboni. La via Zamboni était encombrée par une manifestation contre la guerre. Nous nous sommes retrouvés sous les deux Tours, symbole du conflit et de la complémentarité. Après seulement quelques questions et quelques réponses, son portable sonne. Il me demande pardon et parle de guerre, de ce qu'il faut faire, de la bonne attitude à adopter. Puis il me dit : "C'est Italo Cucci, nous nous téléphonons plusieurs fois par jour". Savoir que Zazza et Cucci sont contre la guerre et préoccupés pour la paix et l'avenir me réconforte. Cela donne une idée de la positivité des pro-Baggio.
In questi giorni di tour italiano hai incontrato alcuni tra i maggiori esponenti del giornalismo sportivo italiano. Qualche aneddoto?
— Il giovedi mattina, per la mia seconda giornata bolognese, Zazzaroni mi telefonò per dirmi che avevo scelto il posto sbagliato, il Bar Zamboni: via Zamboni era infatti stracolma di manifestanti antiguerra. Ci siamo dunque trovati sotto le due Torri, un simbolo del conflitto e della complementarità. Dopo qualche domanda-risposta, il telefono ha squillò: mi chiese scusa e parlò di guerra, di cosa fare, di reazione giusta. Poi mi disse : "è Italo Cucci, ci sentiamo più volte al giorno". Sapere Zazza e Cucci contro questa guerra e preoccupati per la pace e l'avvenire conforta: fa sentire il clan-Baggio positivo.
Qui aurais-tu voulu rencontrer parmi ceux avec qui tu n'as pas parlé ?
— Ils sont nombreux, bien sûr. Avant tout, Tosatti, Mura, Mina. Je rencontrerai Cucci, à qui j'ai parlé au téléphone, et, je l'espère, Dotto à Rome, une autre fois. Les amis du "Guerin Sportivo" m'ont donné le numéro de portable de Iacchini et Di Chiara, d'anciens coéquipiers de Roberto, et de Caliendo, son premier agent. Mais il y en a tellement : Agroppi, Vicini, Maifredi.
Chi avresti voluto incontrare tra coloro con cui non hai parlato ?
— Tanti, certo. Prima di tutti, Tosatti, Mura, Mina. Incontrerò Cucci, a cui ho parlato al telefono, e Dotto a Roma, un'altra volta. Gli amici del Guerin mi hanno dato i cellulari di Iachini e Di Chiara, vecchi compagni di Baggio, e di Caliendo, il suo primo procuratore. Ma ce ne sono tanti : Agroppi, Vicini, Maifredi…
Avec qui aurais-tu volontiers évité de parler parmi ceux qui t'ont reçu ?
— Aucun. Ils ont tous été incroyablement positif et accueillant. Ils m'ont vraiment aidé.
Con chi avresti volentieri evitato di parlare tra coloro con cui hai parlato?
— Nessuno. Sono stati tutti incredibilmente positivi ed accoglienti. Mi hanno tutti aiutato.
Nous nous sommes connu, magie d'Internet, en décembre 2001. Tu m'as dit alors que tu avais en projet une pièce de théâtre nommée "Robert XVIII". Tu en as fait, du chemin. Tu veux nous raconter comment tu en es arrivé à aujourd'hui ?
— Mon ami directeur de théâtre (Alain Besset) m'avait demandé de lui écrire une pièce. Il l'a fait circuler. De là, nous avons eu en France et en Italie une incroyable unanimité de jugement. De sorte que j'ai pu faire grandir le porjet, un Institut de l'Image s'est déclaré intéressé, et ainsi de suite, jusqu'à Roberto lui-même. Mais il y a tant de travail avant de remporter la "partie", pour réussir une œuvre, à notre dimension, digne de Roberto.
Ci siamo conosciuti, magique internet, nel dicembre 2001: allora mi dicesti di avere in progetto una pièce de théâtre chiamata "Roberto XVIII" . Ne hai fatta di strada…Vuoi raccontarci come e dove sei arrivato oggi ?
— L'amico direttore di teatro che mi aveva chiesto di scrivere per lui ha letto il pezzo e l'ha fatto circolare. Da lì, abbiamo avuto, in Francia e in Italia, un incredibile unanimità di giudizio. Cosi ho potuto far crescere il progetto, l'istituto dell'immagine si è detto appassionato, poi così via, fino a Roberto stesso. Ma c'è tanto lavoro per vincere la nostra "partita", per farne, nel nostro piccolo, un opera degna di Roberto.
Beaucoup, ces temps-ci, t'ont consacré de l'esapce : par exemple La Gazzetta dello Sport et Brescia Oggi. Un journaliste, Marco Bencivenga, t'a interviewé. Quel effet ça t'a fait ?
— Tu peux t'imaginer. J'ai appris l'italien sur la Gazzetta que mon défunt papa lisait en revenant du travail. Hélas, il n'a pu y voir notre nom...
In diversi, in questo periodo, ti hanno dedicato un po' di spazio : ad esempio La gazzetta dello sport e BresciaOggi. Un giornalista -Marco Bencivenga- ti ha intervistato: che effetto ti ha fatto?
Figurati! Ho imparato l'italiano sulla Gazzetta che il mio defunto papà leggeva tornando dal lavoro! Caspità, non ha potuto vedere il nostro nome su di essa…
Comment définirais-tu ton travail ?
— Reccueillir, lutter pour faire croître, réfléchir, distiller, choisir, créer, lutter, y croire et aller jusqu'au bout quand ta décision est prise. Laisser ensuite les paroles planer seules et attendre les réactons des autres, des innombrables autres.
In quale definizione racchiuderesti la tua professione?
— Raccogliere, lottare per fare crescere, riflettere, distillare, scegliere, creare, lottare, crederci ed andare fin in fondo quando l'hai deciso. Poi lasciare le parole galleggiare sole e attendere le reazioni degli altri, dei numerosissimi altri.
Baggio, le goût de la beauté, l'utopie, les règles à respecter (ou les ordres techniques à suivre) : quel lien fais-tu entre tout ça ?
— Là, c'est le mystère des mystères. Les collègues journalistes m'ont tous dit la même chose : Baggio est complexe, il y a en lui, quatre, cinq, davantage de "Baggios". Mais il n'est pas contradictoire, il est cohérent, il n'a pas changé, il est toujours le même. En lui, on compte de nombreuses "pièces" mais il n'est pas un labirynthe, il est limpide, m'a dit Andrea Aloi (le directeur du Guerin Sportivo). Tu vois, je crois que Baggio est "utopie" au sens véritable, philosophique du terme : une possibilité, éthique et très belle, opposé à la réalité cynique et mortifère. Il est en même temps "l'art" qui signifie le "savoir faire" et "Art" qui est synonymede création, "poésie", en grec antique.
Baggio, il gusto del bello, l'utopia, le regole da rispettare (o i dettami tecnici da seguire) : come colleghi queste cose?
— Questo è il mistero dei misteri. Gli amici giornalisti hanno detto tutti la stessa cosa : Baggio è complesso, ha dentro quattro, cinque, piu "Baggi". Ma non è contraddittorio, è coerente, non è cambiato, è sempre lo stesso. Ci sono numerose stanze, mi ha detto Andrea Aloi, ma non è un labirinto, è chiaro. Vedi, credo che lui è "utopia" nel senso vero, filosofico : una possibilità, etica e bellissima, contrapposta alla realtà cinica e mortifera. E' allo stesso tempo "arte", che voleva dire "sapere fare", e "arte", che è "creazione", poesia in greco antico.
Comment as-tu commencé ta carrière ?
— École, foot, foot, foot, 1968 et sexe, politique et rock'n'roll. J'ai enseigné ensuit en Grande Bretange et en Algérie, animation culturelle, correction-révision dans la presse, littérature, écrire des romans pour les autres, éditeur et toujours davantage de littérature. Je suis trop libre pour être enrôlé par un grand journal. Comme dirait Beccantini à propos de Baggio, "grand envoyé spécial" jamais "directeur".
Come hai iniziato la tua carriera ?
— Scuola, calcio, calcio, calcio, 1968 e sesso, politica e rock'n'roll. Poi insegnamento in GB e Algeria, animazione culturale, correzione-revisione di stampa, letteratura, scrivere romanzi per gli altri, stampa, editore et sempre più letteratura. Sono troppo libero per essere assunto da un grande giornale, come direbbe Beck "grande inviato speciale", niente "direttore".
Flash back : tu as 16 ans et tu rêves : Mario la plume à la main ou Mario la balle au pied ?
— Si c'est pour être Baggio, Zizou, Raul, Figo, Francescoli, Zico, Platini seulement à 50 %, le football. Parce qu'on ne refuse pas son rêve d'enfant. Mais en y pensant bien, je n'aurais pas pu. Je n'aurais jamais saluer Berlusconi ni enfiler un blazer ou une cravate. Je crois que j'aurais joué les syndicalistes...
Flash back: hai 16 anni e sogni: Mario con la penna in mano o Mario con la palla al piede?
— Se per essere anche solo 50% di Baggio, Zizou, Raul, Figo, Francescoli, Zico, Platini... il Calcio, perché non rifiuti il tuo sogno d'infanzia. Ma pensandoci bene, non avrei potuto : non avrei salutato Berlusconi nè infilato la divisa sociale o messo una cravatta. Poi avrei fatto da sindicalista...
La blessure qui as brisé ta carrière de jeune espoir a été la meilleure chose qui pouvait t'arriver ?
— Pour être honnête, cette blessure a été gonflée d'interview en interview. La blessure qui m'a empêché d'être choisi avec Santini dans l'équipe nationale Under 17, puis le président du RCFC qui m'a caché une invitation du FC Sochaux pour un grand tournoi au Canada. L'injustice d'une sélection nationale Universitaire obtenue sur le terrain mais jetée aux orties pour faire place à des joueurs parisiens jamais entrevus sélection, quelques performances étonnantes (3 buts contre l'équipe professionnelle de Besançon et une samba incroyable contre le F.C. Metz). Enfin les propositions surprenantes d'entraîneurs pro qui m'ordonnaient quasiment de les rejoindre le lendemain et à qui j'ai préféré déclarer que c'était trop tard et que je préférais la révolution, le sexe et l'autostop... Quel crétin ! Vendramme (un insoumis génial du football italien devenu poète) au lieu de notre cher Roberto Baggio.
L'infortunio che ha stroncato la tua carriera di giovane promessa è stata la cosa migliore che potesse capitarti?
— Per essere onesto, quest'infortunio è stato gonfiato di intervista in intervista. La lesione mi ha impedito di essere scelto con Santini nella squadra francese di categoria; poi, il presidente del Besançon, quando giocavo in C a 18 anni, mi ha nascosto un invito del Sochaux per andare a giocare un torneo internazionale in Canada; sono stato scaricato della Nazionale Scolastica per lasciare il posto a gente di Parigi mai vista nelle rappresentative; infine, dopo qualche performance strepitosa con la rappresentativa universitaria (3 gol contro il Besançon di B in un amichevole e una samba incredibile contro il Metz in semifinale), i due Mister mi hanno quasi ordinato di raggiungere immediatamente i professionisti la settimana successiva. Ma ho fatto il mariuolo e ho detto che non volevo, che preferivo la rivoluzione e il sesso, che era troppo tardi e che preferivo fare autostop ! Che cretino ! Vendramme invece di Roberto nostro.
Qu'est-ce que tu attends du futur immédiat ?
— Aller au fin fond avec l'Orfeo, le roman et toute l'opération Roby. Je prépare ensuite une autre pièce qui brodera sur le même thème : le fait de ne pas être cru ni entendu, qui s'appellera "Pauvre M. Nietzsche" et qui racontera le jour précédant l'internement du philosophe, dans un café de Turin
Aspettative per l'immediato futuro…
— Andare fin in fondo con l'Orfeo, il romanzo e tutta l'operazione Roby. Poi, sto perparando un'altra piece che trattera lo stesso tema : il non essere creduto, non essere né sentito né capito, che si chiamera "Povero Signor Nietzsche", il giorno prima l'internamento del filosofo, in un caffè di Torino.
Que de problèmes avec ce football... Mario disparaît et Super Mario apparaît. Tu as une baguette magique...
— Quand tu vois le désastre dans lequel le monde est plongé ce n'est pas d'un Super Mario qu'on a besoin, mais du courage de lutter jusqu'au bout pour nos rêves, avec les autres, pour les autres...
Quanti problemi questo calcio… esce Mario ed entra SuperMario…bacchetta magica a te…
— Quando vedi il disastro nel mondo non serve SuperMario ma il coraggio di lottare fin in fondo per i tuoi sogni, con gli altri, anche per gli altri…
Qu'est-ce que tu penses de Roby ?
— Il est un de mes maîtres sans même le savoir. Quelqu'un qui me tire les larmes, comme et autant que toutes les choses qui sont belles et profondes, mais ce sont des larmes de joie et d'intelligence harmonique.
Cosa pensi di Roby?
— E un mio maestro di vita senza saperlo. Qualcuno che mi fa piangere, quanto e come le cose belle o profonde mi hanno sempre fatto piangere, di gioia e d'intelligenza armonica.
C'est difficile de vivre seulement de football, de nos temps. Chirac ? Un choix purement éthique ?
— Non. Des intérêts divergeants... Des calculs. Des stratégies... Mais Chirac a lui aussi son rêve, un rêve terriblement dangereux : rejoindre Charles de Gaulle au zénith.
Difficile vivere di solo calcio in questo periodo ; Chirac? Scelta solamente etica?
— No: interessi diversi, calcoli, strategie... ma anche lui ha il suo molto pericoloso sogno: raggiungere Charles de Gaulle allo zenith.
Tu as une question libre à ta disposition, utilise-la comme tu penses...
— Mario, la semaine prochaine, tu seras à Caldogno, Vicenza et Venize, avec ta fille et sa maman Suzanne. Vous ne vivez plus ensemble depuis neuf ans. Vous passerez là-bas cinq jours, jusqu'au match Brescia-Inter que vous irez voir ensemble. Un autre miracle de Baggio ?
— Je ne crois pas aux miracles. Je crois dans ces minuscules petits moments de lumière qui changent tout si les sens et si tu les fais pousser en toi. En aimant Roberto Baggio, en écoutant les messages de courage et d'amour qui remplissent sav ie, j'ai fait avancer l'harmonie et reculer la stupidité et l'absurdité de ne pas faire l'effort de se chercher.
Risposta libera a disposizione: usala come credi…
— "Mario, la settimana prossima, sarai a Caldogno, Vicenza e Venezia, con tua figlia e sua mamma Suzanne. Da nove anni, non vivete piu assieme. E li passerete cinque giorni fino a vedere Brescia-Inter. Un altro miracolo baggiano ? — Mario, non credo nei miracoli. Credo in questi minuscoli momenti di luce che cambiano tutto se li senti dentro di te e se lotti per farli crescere dentro di te. Amando Roberto Baggio, sentendo i messaggi di coraggio e d'amore che ci sono nella sua vita, ho fatto avanzare l'armonia e rinculare la stupidaggine e l'assurdità di far lo sforzo di non cercarsi."
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Philippe Ambrobaggio live, soon...
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 Sampans, le 6 juin 2004
Vous trouverez ici bientôt une interview exclusive de Philippe Ambrosini qui est reparti tourner un épisode de Boulevard du Palais avec Balmer avant de nous rejoindre pour le deuxième volet de cette première perlée.
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Hervé Fogeron, alias Mister Décor
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Cet interview est la première d’une série que nous allons consacrer à chacun des protagonistes de l’opération “Orfeo Baggio”. Comme nous vous le promettions depuis longtemps, nous avons posé quelques questions à Hervé Fogeron sur la scénographie qu’il a conçue.
1. “Orfeo Baggio” pourrait être mis en scène comme un huis-clos. Dans la scénographie que vous avez conçue, qu’est-ce qui en fait quelque chose de plus ou de différent ?
H. Fogeron : — Dans un vrai huis-clos, il n’y pas de sortie, il n’y a pas d’entrée. Tout se passe en temps réel ou presque. Il est impossible de disparaître de scène quand on y a eu accès. Tout cela signe l’enfermement dans lequel s’inscrivent les acteurs. Dans le cas d’Orfeo Baggio, c’est la même chose hormis le fait qu’on perçoit des bruits, qu’on aperçoit des toits et le monde extérieur par une verrière qui devient parfois espace vidéo. De même pour les filets qui constituent une grande partie du décor. Les mailles sont suffisamment grandes pour qu’on puisse imaginer leur échapper. J’ai joué de plusieurs conventions, celle de la cloison, des unités de lieu, de temps et d’action ; et des trois murs chers au cinéma, en les détournant.
2. À quel temps se joue l’Orfeo, à quelle époque ?
H.F. : — On en revient aux trois fameuses unités. S’il y a rupture de ryhtme, de son, d’histoire, s’il y a montée dramatique, il n’en demeure pas moins que l’histoire de l’Orfeo se déroule au présent, mais un présent légèrement futuriste. Un peu comme dans la scénographie de “Nuit d’Automne à Paris”, il y a une atmosphère de Gymnase, je dirais même de stade. D’où l’utilisation du sol vert et des cages de buts. Il y a aussi une référence à un monde répétitif. La “cage”, les cages dans lesquelles se développe le drame tiennent de la cage à écureuil des parcs d’enfants ou de la cage à lapin. Autour de cet espace scénique industriel, j’imagine d’autres espaces, d’autres drames en-dessous, au-dessus, à côté. Du polar à la métaphysique, du football au théâtre, il y a un glissement, un détournement, tout comme dans le texte de la pièce elle-même.
3. Est-ce que ce décor coûtera cher ?
H. F. : — Environ douze mille euros. Si l’on excepte le mois de travail des six constructeurs. Les tubes de la cage sont en acier, ce qui donne cette idée de cages de but répétées à l’infini.
4. L’Orfeo est une pièce de théâtre mais également un drame musical. S’il y a des musiciens, où se trouveront-ils sur scène ?
H.F. : — Alain Besset, le metteur en scène, a insisté pour qu’il n’y ait pas de musique enregistrée. Les musiciens seront des acteurs du drame à proprement dit. Ils joueront tout au long de la pièce et seront installé au-dessus de la verrière-cyclo, en surplomb des comédiens. Protégés par un tulle et un filet, on les verra apparaître et disparaître au gré de l’action, tantôt personnages d’un ailleurs voisin, tantôt ombres ou silhouettes.
5. Vos décors sont souvent métalliques...
H.F. : — J’aime le métal et le matériau de récupération. Mais j’aime également le bois. Dans l’Orfeo, il y a cet ajout de filet qui illustre le thème, emprisonnement et football.
6. Vous parliez de cage de foot, ce sont de vraies cages de foot ?
H.F. : — Tout à fait. Le chiffre d’or de la mise en espace tient aux dimensions d’un vrai but de foot, unité qui est démultipliée en largeur et en hauteur. A noter que la structure dans sa totalité a été pensée pour les déplacements et qu’elle adaptable et autoporteuse. Les câbles et le matériel électrique y sont incorporés, ainsi qu’un projecteur vidéo central.
Propos recueillis au "Châteaucreux", Saint-Étienne, le mercredi 7 avril 2004.
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Hervé Fogeron : la matière de l'Orfeo
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 Saint-Étienne, le 06/12/03 —
Hervé Fogeron est scénographe, décorateur, artiste peintre. C'est lui qui va "mettre en matière" l'Orfeo Baggio. La semaine prochaine, une petite surprise. La première photo de la maquette du décor qu'il a présenté à son metteur en scène et à l'auteur au Bar de Lyon, rue Elise Gervais, dans le fief du Chok Théâtre à Saint-Étienne.
L'interview d'Hervé Fogeron sera mis en ligne le 15 décembre.
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Philippe Dubath ou Tout recommence encore et toujours
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 Lausanne, jeudi 20/11/03 —
Rien ne nous arrête quand il s'agit de rencontrer un amoureux de la balle ronde et des belles lettres. — Nothing would stop us when our guest loves football and Arts. — Nulla ci potrebbe fermare quando ci capita un amante del Bel Calcio e delle Belle Lettere. Intervista, Interview, Rencontre avec Philippe Dubath, lauréat du Prix Livres Frontières pour son "Zidane et Moi".
"Tout recommence encore et toujours. Tout est vain et éphémère, mais tout est toujours à reconstruire".
14 h 15, 33 avenue de la Gare. Le temps est voilé et frais sur Lausanne. Philippe Dubath nous a donné rendez-vous dans le bar gentiment désuet d'un Hôtel Mirabeau récemment inclus dans une chaîne au nom américainement barbare. Déjà l'amour de la balle coule de son esprit comme le jeu des Meringues à Bernabeu...
L'auteur vient de déposer ses affaires. Il revient... de jouer au foot avec des amis. Des amis au rang desquels l'on trouve un certain Norbert Eichmann, avec Philippe Pottier et les Chapuisat père et fils, un des meilleurs footballeurs que la Suisse ait donné au jeu dans la deuxième moitié du XXe siècle.
S. A. : Football et Littérature, ça se peut ?
P. D. : Si le texte, les personnages, si leur amour du foot sont liés à leur vie, à la vie, tout à fait ! Il faut bien sûr qu'il y ait du cœur, que le rapport entre les protagonistes et le ballon soit réel, qu'il ne s'agisse pas de généralités, que tout cela soit bien ancré dans la vie.
S.A. : Le livre est un hommage de l'adulte à l'enfance ?
P. D. : À travers l'enfant que j'étais, j'ai essayé d'avoir accès à tous les enfants, à tous les grands enfants que nous sommes encore. Le ballon a une force incroyable. Nous y avons joué, nous y jouons, nous y jouerons, nous souffrons ou jouissons de le voir jouer, il se conjugue à tous les temps.
S.A. : "Zidane et moi" est touchant parce que vous vous adressez à votre compagne, parce que c'est une forme de "Ballon expliquée à ma femme" ?
P.D. : Nanon, la mère de mes trois enfants, est quelqu'un de très ouvert d'esprit. Elle m'a effectivement permis de parler mieux de mon amour pour le foot.
S.A. : On a l'impression en lisant le livre que vous avez la sobriété d'un milieu de terrain et le "style" d'un Redondo ou d'un Antognoni. La simplicité du style est une valeur commune au foot et aux livres ?
P.D. : J'ai essayé d'en parler dans le passage sur le "une/deux". L'important est de passer la balle comme on passe les mots, avec le plus d'amour et de sincérité possible. De se les échanger, de jouer ensemble.
S.A. : Deux questions. Zidane dans le titre, c'était pour vendre plus ?
P.D. : Non. Seulement parce qu'il est un des plus grands et moi un des plus petits. En outre, à cause de lui, mon livre est dans la rubrique Sport des librairies et on ignorerait presque qu'il a été primé et apprécié par quelqu'un comme Hubert Mingarelli, le vainqueur du Prix Médicis de cette année.
S.A. : Question rouge n° 2 : les femmes ont-elles apprécié le livre ?
P.D. : Tout à fait et ça a été une belle surprise ! Il ne faut pas oublier que le public féminin a été la révélation de la coupe du monde 98 et que les amateurs de ballon ne sont pas forcément de gros machos plein de bière.
Propos recueillis et synthétisés le jeudi 20 novembre 2003 à Lausanne.
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Interview de Philippe Dubath, l'auteur de "Zidane & Moi"
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Jeudi prochain 20 novembre, nous aurons la chance d'interviewer Philippe Dubath, le directeur des sports de "24 heures", le journal de langue française le plus lu en Confédération helvétique. Philippe Dubath vient de remporter le prix "Frontières" pour un livre singulier publié en 2002 par les éditions de l'Aire. L'interview sera lisible le week-end prochain. Thème principal de l'entrevue : le football est-il compatible avec la littérature. Des extraits de cette rencontre paraîtront dans la première livraison des "Enfants de Puskas", notre future revue littéraire de foot. Ciao. — On thursday we'll interview Philippe Dubath, the swiss author of "Zidane and I" published in 2002 by les éditions de l'Aire. The text shall be available here next week-end, ciao — Incontriamo Philippe Dubath, lo scrittore e giornalista svizzero che ha pubblicato da le edizioni de l'Aire un libro intitolato "Zidane ed io". Vi daremo la sua intervista a leggere il prossimo week-end. Ciao.
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Ange Protecteur...
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